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Budget cadeaux des Français : 297 € ou 243,60 € pour Noël 2025 ?

La chronique 4 min de lecture
Un paquet cadeau noué d'un ruban de satin posé à côté d'une tirelire en céramique sur une table en chêne clair

L’institut CSA a publié le 6 novembre 2025, pour Cofidis, un budget cadeaux de 297 € par foyer à Noël. Le même automne, YouGov chiffrait le même poste, dans le même pays, à 243,60 €. Cinquante-trois euros d’écart, soit un cinquième de l’enveloppe, entre deux enquêtes menées chacune auprès d’un millier de personnes.

Aucune des deux ne s’est trompée. Elles n’ont pas compté la même chose. Quatre enquêtes déclaratives ont chiffré le Noël 2025 des Français, et le panel de tickets de caisse de Circana en dit encore autre chose.

Où va l’argent de Noël, poste par poste

Le baromètre CSA pour Cofidis en est à sa neuvième édition : 1 002 personnes interrogées du 11 au 15 octobre 2025, par quotas. C’est le seul des quatre à détailler la dépense ligne par ligne, et la Fédération bancaire française en publie le découpage.

Poste2025Sur un an
Cadeaux297 €-26 €
Repas123 €-9 €
Décoration28 €+1 €
Transport25 €+8 €
Tenues23 €+2 €
Ensemble491 €-6 €

Les cadeaux pèsent six euros sur dix du budget des fêtes, et ce sont eux qui absorbent la coupe : 26 € de moins en un an, quand le repas n’en perd que 9. Neuf cadeaux par foyer en moyenne, ce qui met l’unité autour de 33 €.

Le seul poste qui progresse franchement est le transport, passé de 17 à 25 €, soit près de la moitié en plus. Aller fêter Noël ailleurs coûte maintenant autant que décorer le sapin.

491 € en moyenne, 350 € pour un ménage sur deux

La même enquête livre un second chiffre que presque personne ne reprend : le budget médian, 350 €, contre 491 € de moyenne. Cent quarante et un euros séparent les deux.

Un écart pareil dit qu’une minorité de foyers à gros budget tire la moyenne vers le haut. Le mouvement d’une année sur l’autre est plus net encore : la moyenne a perdu 6 € en un an, la médiane 50 €. La moitié basse des ménages a coupé huit fois plus fort que ne le laisse croire le chiffre repris partout.

D’une région à l’autre, la dispersion est du même ordre. L’Observatoire Ankorstore situe le budget de Noël à 617 € en Île-de-France et à 354 € en Centre-Val de Loire, pour une moyenne nationale de 470 €. Deux cent soixante-trois euros d’écart. Une moyenne nationale ne dit donc rien de combien mettre dans une enveloppe.

Quatre enquêtes mesurent le budget cadeaux des Français, et donnent quatre résultats

EnquêteCe qu’elle compte2025Sur un an
CSA pour Cofidisles fêtes entières, dont 297 € de cadeaux491 €-6 €
Observatoire Ankorstoreles fêtes entières470 €-38 €
YouGov pour Havas Marketles cadeaux seuls243,60 €-7 %
Toluna Harris pour la Fevadles achats de Noël faits en ligne291 €+38 €

La Fevad fait exception : son chiffre monte quand tous les autres descendent. Elle relève 291 € en 2025, contre 253 € un an plus tôt et 199 € en 2022. Mais la fédération du commerce en ligne ne compte que les achats faits sur Internet, et 78 % des Français déclarent y recourir pour leurs cadeaux. Le canal grossit, la dépense pas forcément. Les 50-64 ans y consacrent 79 € de plus qu’en 2024 sans qu’on puisse dire s’ils achètent davantage ou s’ils ont cessé d’aller en magasin.

Les trois autres écarts tiennent au même genre de détail : cadeaux seuls ou fêtes entières, budget du foyer ou de la personne, question posée à la mi-octobre ou à la mi-novembre. Un budget cadeaux sans son périmètre ne vaut rien.

Le rayon jouets a signé sa meilleure année depuis vingt ans

Ces quatre chiffres sont déclaratifs et recueillis avant l’achat. Le panel distributeurs de Circana, lui, lit les tickets de caisse : le marché français du jeu et du jouet a terminé 2025 à 4,7 milliards d’euros, en hausse de 7,1 % en valeur et de 7 % en volume. Le seul mois de décembre progresse de 4,5 %. Le prix moyen d’un jouet tient à 18 € et monte à 21 € pendant les fêtes.

Un marché ne gagne pas 7 % en volume pendant que les ménages coupent.

Le calendrier explique une partie du décalage. On interroge les gens à la mi-octobre sur une intention, et l’intention de se restreindre résiste mal à la vitrine de décembre. L’autre partie tient à la clientèle du rayon, qui a changé : les acheteurs de plus de douze ans qui achètent pour eux-mêmes, les kidultes du jargon des panélistes, pèsent désormais 33 % du chiffre d’affaires et près de 70 % de la croissance. Une part croissante de ce qu’on lit comme un marché du cadeau n’en est plus un.

Ce que ces chiffres ne mesurent pas

Aucun d’eux n’est une statistique publique. L’INSEE ne tient pas de poste « cadeaux » dans les comptes des ménages : sa nomenclature range la dépense par nature du bien, jeux et jouets, parfums ou habillement, jamais par destination. Un pull offert et un pull acheté pour soi occupent la même ligne. Rien ne permet de les séparer.

Les quatre enquêtes citées sont commandées par un organisme de crédit, une fédération de commerçants en ligne, une agence média et une plateforme de grossistes. Toutes ont une raison de s’intéresser à Noël, aucune n’en a de regarder ailleurs.

Le reste de l’année échappe à tout le monde. Anniversaires, mariages, naissances, départs en retraite : aucune enquête représentative ne chiffre ces occasions, qui font pourtant la majorité des cadeaux offerts sur douze mois. Les montants qui circulent pour un cadeau de mariage ou pour une naissance sortent de consultations de lecteurs sur des sites spécialisés, sans méthode publiée.